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Vers un transport de MaaS ?

Mis à jour : janv. 18

MaaS qui signifie en anglais Mobility As A Service (ou mobilité servicielle en français), consiste à réunir tous les modes de transports (excepté son propre véhicule) dans une seule application : métro, bus, tramways, taxis, VTC, voitures en autopartage, covoiturage, vélos et scooters en libre-service…




Aujourd’hui jongler entre les multiples modes de transport publics et privés à travers leurs applications mobiles spécifiques peut être très compliqué. Alors que pour les usagers, il s'agit de se déplacer d'un point A à un point B, en combinant ces diverses offres de mobilité, en s'informant sur le trajet et en payant.

C'est tout l'enjeu du MaaS, c’est un nouveau concept de déplacement multimodal qui permet de se déplacer avec une grande fluidité.



1. MaaS: une nouvelle façon de consommer la mobilité

Aujourd’hui nous avons accès à une panoplie de services de transports, le MaaS permettra de simplifier et d’améliorer l'expérience du voyageur pour promouvoir l'utilisation des transports en commun. MaaS est une véritable révolution dans la façon dont il aide les gens à organiser leurs voyages. Au-delà de la technologie et des applications, Mobility as a Service est une approche innovante de la mobilité pour simplifier le quotidien des voyageurs. Il s’agit d'une chaîne de voyages multimodale. La multimodalité utilise deux services différents : taxi et train. Aller en taxi et revenir en train serait également MaaS, si les deux étaient achetés à partir de la même application. Ce ne serait pas une chaîne de voyages, mais ce serait multimodal.


D’un point de vue plus global, le MaaS s’annonce être une alternative écologique à l’utilisation de la voiture personnelle puisque le propre du MaaS est de remplacer le produit (la voiture personnelle) par le service (le transport) et de réduire ainsi la pollution urbaine. La demande des usagers des systèmes de transport a évolué ces dernières années.

Il faut également noter que l’urbanisation de la population dispense d’être propriétaire d’un véhicule. Historiquement associée à la possession d’un véhicule, la mobilité se traduit aujourd’hui, dans les grandes villes, par une logique d’usage, de partage et d’accès à un service pour se déplacer. Le MaaS s’inscrit dans ce changement de paradigme.

2. Plusieurs villes et acteurs se tournent vers le MaaS

Autant à l’étranger qu’en France, des applications mobiles MaaS voient le jour. En France « Saint-Etienne métropole » est un très bon exemple d’un lancement MaaS réussi. En 2016 avec Transdev, l’application Moovizy a été proposée. Elle regroupe les horaires d’avions de l’aéroport de Lyon, les transports publics de Saint-Etienne, les trains au départ et à l’arrivée des gares SNCF (Saint-Étienne, Firminy, Saint-Chamond, Lyon, etc.), la disponibilité des vélos en libre-service Véliverts, l’accès en temps réel au nombre de places disponibles dans les parkings de Saint-Étienne… Moovizy 2 va bientôt voir le jour avec une partie billettique, ce qui permettra aux utilisateurs de payer directement via l’application.



En Europe, par exemple, la ville de Cologne s'attend à une nouvelle croissance démographique. Les autorités municipales ont confié au centre de recherche et d'innovation Ford l'analyse du potentiel de nouveaux services MaaS, tels que le covoiturage et l’autopartage. L'objectif de l'étude était d'examiner différents scénarios de mobilité et d'évaluer la performance opérationnelle des concepts MaaS, ainsi que leur impact sur les infrastructures et l'environnement.

Un autre très bon exemple en Europe, est la startup Whim qui a commencé en s’implantant à Helsinki. Cette application donne accès à toutes les offres de transport disponibles, y compris les taxis et les locations de voitures type Sixt en un seul abonnement. Whim s’est ensuite installé dans quatre villes du monde (West Midlands, Anvers, Vienne et Turku), elle est également en cours de déploiement à Singapour et Tokyo. Whim entend d’ores et déjà s’implanter dans plus de 60 pays dans le courant des cinq prochaines années.



Mais l’onde de choc du MaaS attire également des entreprises privées. Toyota a ainsi investi un milliard de dollars dès 2018 dans Grab (une entreprise spécialisée dans le transport basée à Singapour) pour développer le MaaS dans toute l’Asie du Sud Est. En Amérique du Nord et en Europe, ce sont les géants du transport individuel (Lyft et Uber) qui tentent de se positionner en leader du secteur. Uber souhaite devenir « l’Amazon du transport », en mai 2018, Dara Khosrowshahi (PDG de Uber) s’exprimait déjà clairement sur ce sujet en disant que «Tout comme Amazon, qui vend des produits tiers, nous voulons offrir des services de transport tiers ». En d’autres termes, faire de l’application Uber un incontournable.



3. Le MaaS : une centralisation des informations

La loi LOM (Loi d'Orientation des Mobilités loi française promulguée le 24 décembre 2019) va imposer aux autorités organisatrices de mobilités (AOM) – à l’échelle d’une agglomération, d’un département ou d’une région – de veiller à l’existence de services d’information multimodale sur les services de transport et de mobilité. Il faut noter que les applications numériques et les agrégateurs sont déjà nombreux et ne cessent de proliférer ; ce qui complique l’offre.

Par exemple, Ile-de-France Mobilités va mettre à la disposition des Franciliens et des 50 millions de visiteurs annuels de la région une nouvelle application multimodale appelée MaaX (pour Mobility as an Experience), cette application est testée depuis novembre auprès de 2 000 Franciliens.

Cette multiplication des offres et des applis doit engendrer l’émergence de solutions centralisées, ou parfaitement cohérentes.

Nous pouvons imaginer qu’afin de faciliter l’inscription sur l’application MaaS, un seul et unique KYC (Know Your Costumer) pourra être demandé.

Afin de simplifier les opérations de paiement qui seront régulières, voir récurrentes, avec de faibles montants ou de petits abonnements, des partenaires de confiance devront être sélectionnés. Ces acteurs devront disposer de technologies et de services multilingues permettant de gérer les paiements et la relation client de façon réactive et organisée.




Conclusion

Nous pouvons voir le MaaS comme une réponse à la mobilité d’aujourd’hui. Le Maas va modifier et simplifier notre façon de se déplacer d’un point A à un point B en commençant par les villes ; les zones rurales seront-elles aussi touchées par le MaaS dans le futur, plus précisément lorsque les voitures autonomes de partage verront officiellement le jour.