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Allemagne: l'industrie automobile VS la mobilité verte.

Les émissions de gaz à effet de serre provenant des transports représentent 19% des émissions brutes totales de l’Allemagne. En effet, d’après l’entreprise Eurostat, l’Allemagne présente un taux de motorisation élevé, avec 567 voitures pour 1000 habitants (contre 478 en France), et en hausse (385 en 1990), mais inférieur à d’autres pays européens (Italie, Pologne). De plus les cours fédérales des villes de Berlin, Stuttgart, Düsseldorf… commencent à interdire la circulation des véhicules diesels les plus anciens afin d’assainir l’air.

Renforcement de la protection du climat, nouveaux marchés, réduction de la dépendance aux sources d'énergies fossiles : la mobilité est en train d’être redéfinie en Allemagne. Mieux encore, les véhicules électriques peuvent devenir un élément essentiel de la transition énergétique.


Des disparités au sein du pays

De fortes disparités se cachent en Allemagne derrière le chiffre officiel de 10 % de déplacements cyclistes : certaines villes, à l’image de Wuppertal ou de Wiesbaden offrent l’image de mauvais élèves en termes de pratique cyclable.

En revanche, dans des villes comme Brême, Fribourg-en-Brisgau ou Erlangen 20% des déplacements sont effectués autrement qu’en voiture.

Par exemple, Stuttgart illustre parfaitement le renouveau des transports ferroviaires dans les régions urbaines, et donne l’espoir d’un report modal de la circulation automobile vers les transports en commun.



Certaines agglomérations comme Munich ou Hanovre ont rénové et réhabilité certains quartiers en construisant une « ville compacte ». Ces agglomérations recomposent la ville sur elle-même, en recyclant certains espaces industriels ou certaines vastes friches héritées de mutations ferroviaires, industrielles ou militaires, souvent bien situées. Cela amène les mairies à réfléchir et à repenser le système de mobilité proposé aux habitants. Ces « villes compactes » sont plus sujettes aux embouteillages ; c’est pour cela que dès le début de la réhabilitation des alternatives à la voiture sont proposées et mises en place.










Des projets d’envergure

Afin de concurrencer l’Asie, l’Union Européenne essaie de faire sa place sur ce marché. Un premier projet franco-allemand baptisé "l'airbus de la batterie" et soutenu par la commission européenne a vu le jour en 2019. 5 à 6 milliards d'euros ont été investis pour construire les premières lignes de production. Environ 4 milliards d'euros ont été apportés par des industriels. La Commission européenne avait donné son feu vert pour des subventions publiques d'un montant de 1,2 milliard d'euros. Les fabricants de batteries Saft, PSA et Opel ont également participé au projet. Une usine a été installée en Charente, puis une autre en Allemagne. Chaque site a créé environ 1.500 emplois.



Un second projet vient d'être lancé : "L'innovation européenne dans la batterie" (European Battery Innovation). En effet, en janvier la commission européenne vient d’accorder 2,9 milliards d’euros au 12 états membres pour ce projet de recherche.

L'objectif de ces deux projets est de construire des batteries nouvelle génération. L'ambition est d'intégrer toute la chaîne de valeur, de l'extraction des minerais au recyclage, en passant par la réalisation des cellules et des batteries, ainsi que leur intégration aux véhicules.