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La mobilité en Afrique

Mis à jour : il y a 4 jours

Introduction

Aujourd’hui, le transport individuel est le mode de déplacement dominant en Afrique et cette évolution a été très rapide. En effet, cela est perçu comme un point important dans la réussite sociale. Au point que par exemple Accra (capitale du Ghana) est surnommée la « go slow ».


Depuis l'introduction des véhicules à moteur dans les années 1930, le taux de motorisation en Afrique a considérablement augmenté, en particulier depuis la libéralisation économique du début des années 1990. Dans une ville comme Nairobi, circuler relève parfois d'un véritable parcours du combattant et ces difficultés coûteraient plus de 1 milliard de dollars de productivité par an à Nairobi, selon l'Autorité des transports de la région métropolitaine de la capitale kényane.


I. Une mauvaise mobilité

Avec plus d’un milliard d’habitants, l’Afrique a grandement besoin de transports en commun opérationnels. Malheureusement, il y a une forte désorganisation au niveau des transports, cela peut se traduire par une dégradation de la qualité du service et une concurrence déloyale voire sauvage entre les exploitants. Les habitants et ceux qui peuvent se le permettre se rabattent sur la voiture individuelle. Et pourtant, il y a une forte insécurité routiére car parfois il manque des infrastructures adéquates et l’espace public est mal utilisé à cause des encombrements (les marchands ambulants, les piétons et les véhicules en circulation ou stationnement se disputent la chaussée et les trottoirs).

Il faut noter également, que le taux de décès sur les routes africaines et quatre fois plus important qu’en Europe. Cela est dû à la vétusté des parcs automobiles, à la dégradation des infrastructures et au non-respect du code de la route.



Le passage au transport collectif est entravé par des considérations économiques fortes : d’une part les politiques industrielles des constructeurs automobiles des pays développés ou non déversent en Afrique leurs véhicules d’occasion à prix cassés ; d’autre part il y a un laisser faire des collectivités locales vis-à-vis du transport artisanal.

Une meilleure articulation entre la mobilité, les transports et les aménagements urbains permettrait de réduire la demande de déplacements, notamment au centre des agglomérations. Les technologies de la communication s’imposent aujourd’hui en Afrique ; il est certain qu’elles auront des effets sur les flux de déplacements, l’orientation et le stationnement des véhicules dans les zones urbaines denses.


L'émergence d’opérateurs privés qui développent une offre de transport alternative, conduit à la création de nouvelles lignes de transport dans les zones isolées ou dans les villages. Un bon exemple est le développement des « cars horaires » (bus partant à heures fixes) au Sénégal, qui relient un village à la capitale toutes les heures, à l'initiative d'entrepreneurs locaux.



II. Le futur de la mobilité

Les smarts cities : Face aux enjeux de développement urbain et de croissance démographique propres aux pays émergents, le concept de smart city est particulièrement prégnant dans les pays d’Afrique, car elle est aujourd’hui le continent qui s’urbanise le plus rapidement.

En 2030, près d’un milliard d’Africains vivront dans des zones urbaines, et le continent devrait atteindre les 2 milliards d’habitants avant 2050, selon la Banque Mondiale. C’est pour cela que la priorité de ces villes futures imaginées est de les désengorger. Les embouteillages qui engendrent une pollution abondante deviennent problématiques pour la santé de ses habitants.

Pour pouvoir se développer correctement dans le futur, allier l’urbanisation au numérique est une des solutions les plus plausibles pour ce continent :

Quelques smart cities africaines :

- L'Innovation City (Rwanda)

- La Silicon Savannah (Kenya)

- Sèmé City (Bénin)

- Hope City (Ghana)




Des projets écologiques: Des projets écologiques voient le jour dans plusieurs pays africains, par exemple la Côté d’Ivoire est le premier pays à s’équiper de 750 bus alimentés au gaz naturel.

Par ailleurs, Abidjan s'est engagée dans une profonde transformation de son réseau de transports publics urbains en faveur d'un réseau BHNS (Bus à Haut Niveau de Services) rendu possible grâce au partenaire français Iveco Bus. Une option qui apparaît comme une solution pérenne sur un territoire riche en gaz naturel. Ces véhicules vont permettre de réduire les coûts de fonctionnement, mais aussi le bruit (-50 %) et l'impact environnemental (les émissions d'oxyde d'azote seront réduites de 30%). D’autres villes ont opté pour un système de billetterie multimodale, cela permettra aux passagers d'utiliser un seul billet, quelle que soit la trajectoire de leur parcours.

Il faut également noter, que le Kenya a Uber, Taxify, Mondo et Little Cab - qui sont concentrés dans les principales villes du pays.

La société finlandaise EkoRent fondée en 2014 et dont le siège est à Helsinki, en Finlande, fournit un nouveau service : « Nopia Ride ».




Pour profiter du service, les utilisateurs doivent télécharger l'application mobile « Nopia Ride » pour localiser et réserver des véhicules. Les voitures électriques de l'entreprise devraient offrir aux conducteurs une alternative de transport moins chère.

« Tous les véhicules Nopia sont 100% électriques et bons pour notre planète. Pour les conducteurs, ils sont 30 à 50% moins chers à conduire que les voitures à essence polluantes traditionnelles. N'aimeriez-vous pas gagner jusqu'à 50% de plus que de conduire pour d'autres entreprises de covoiturage ? » demande la direction de l’entreprise.

La société, qui se targue d'être un acteur soucieux de l'environnement, rejoint le marché kenyan alors que d'autres opérateurs de taxi sont constamment mis au défi de devenir plus innovants pour rester rentables.




Par exemple, certains opérateurs bien établis, tels qu'Uber, sont ébranlés par des marchés hostiles - où les conducteurs partent en masse en se plaignant de salaires médiocres. Pour alimenter ses véhicules, Nopia possède des points de recharge autour de Nairobi.

L'urbanisation du continent fait l'objet d'un soutien appuyé des bailleurs internationaux, nous pouvons également voir l'initiative « Mobilise Your City », lancée en 2015 réunir par exemple, plus de 100 villes autour de la mobilité durable dans les pays en développement, répondant au 11e objectif de développement durable des Nations unies (ODD) afin de faire des villes « des lieux ouverts à tous, sûrs, résilients et durables ».

En 2018, l'Agence française de développement (AFD) a d'ailleurs investi globalement quelque 1,9 milliard d'euros dans la transition urbaine et la mobilité.

Conclusion

Malgré tout, le continent Africain reste un eldorado pour l’innovation dans la mobilité. L’aménagement des infrastructures permettra à ce continent de se développer plus rapidement afin de tirer l’économie vers le haut ainsi que le niveau de vie de ses habitants.

Il ne faut pas oublier que les villes de demain devront aussi miser sur les nouvelles technologies durables.