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Et si on rendait la voiture individuelle inutile ?

Dernière mise à jour : janv. 14

I.Introduction

En France, le secteur des transports est celui qui contribue le plus aux émissions de gaz à effet de serre (31 %), ainsi qu’à la pollution de l’air. Dans ce secteur, nous retrouvons différents types de transports : la voiture individuelle en première place au niveau du rejet des gaz avec 52%, les poids lourds type bus et cars avec 22 % et les véhicules utilitaires légers avec 19%.




Le gouvernement a lancé en 2015 la stratégie nationale bas-carbone (SNBC), qui prévoit d’éliminer la totalité́ des émissions du secteur des transports (à l’exception du transport aérien) d’ici 2050.

Il faut également noter que les émissions des véhicules dépendent principalement de trois facteurs : la distance totale parcourue, le nombre de passagers et le type de carburant utilisé.

Des taxes et des subventions pour les véhicules individuels

Bonus lors de l’installation d’une borne de recharge

Étant donné que les véhicules électriques sont appelés à prendre une place prépondérante dans les prochaines années, des aides ont été mises en place pour les particuliers souhaitant installer une borne de recharge à leur domicile.


En logement individuel, tous les ménages propriétaires occupants peuvent bénéficier d’une prime d’un montant forfaitaire uniforme de 300 € pour l’installation d’une borne de recharge pour les véhicules électriques.

En logement collectif, la prime de 300 € se cumule avec l'aide du programme Advenir qui complète les initiatives publiques grâce au mécanisme des CEE (Certificats d’Economie d’Energie). Cette aide vient couvrir les coûts de fourniture et d’installation à hauteur de 50%.

Dans le cas d’une borne collective dans une résidence, le montant maximal de l’aide versée a été fixé à 1.300 € pour les installations à usage partagé.



Bonus lors de l’achat d’un véhicule électrique

Le bonus écologique est l'une des mesures phare du Grenelle de l'Environnement, mis en place en 2006 pour favoriser l'achat de voitures électriques. Il y a également la prime à la conversion (prime à la casse) qui peut être également demandée lors de l’achat, mais les conditions sont plus strictes.



Évolution des émissions de gaz à effet de serre des voitures particulières suite au rapport de l’État sur l’environnement.

Malus écologique

Aussi appelé écotaxe, le malus écologique s’applique aux véhicules dépassant les taux d’émissions en dioxyde de carbone fixés. Le montant du malus écologique varie selon le véhicule. Il est progressif : plus il est polluant, plus l’écotaxe est élevée.

Il faut noter que pour ne pas pénaliser les familles nombreuses, un système a été mis en place afin de réduire le tarif du malus sous certaines conditions. Pour l’achat d’un véhicule de cinq places assises et plus, le taux d’émission de dioxyde de carbone des véhicules est diminué de 20 grammes par kilomètre par enfant à charge à compter du troisième enfant.


Taxe annuelle

Une taxe annuelle d’une valeur fixe de 160 euros a été instaurée pour la détention d’un véhicule particulièrement polluant, qu’il soit acheté ou loué. Le seuil de CO2 par kilomètre à ne pas dépasser pour échapper à la taxe varie selon l’année de la première immatriculation du véhicule.


Taxe sur le certificat d’immatriculation

La taxe sur le certificat d’immatriculation pénalise l’achat de véhicules puissants. Le montant démarre à 100 euros pour une puissance fiscale de 10 ou 11 en chevaux-vapeur et peut aller jusqu’à 1000 euros pour une puissance fiscale égale ou supérieure à 15.

3. Décarbonation des transports en communs dans certaines villes

Qu’elles soient de hautes technologies ou simples, les solutions de transport en commun qui permettent aux gens de se déplacer rapidement et facilement sans voiture sont l’élément clé d’une ville verte.

La mise en avant de la mobilité douce (vélo, trottinettes…) est incontournable. La majorité des grandes villes françaises propose un système de location de vélo et a créé des pistes cyclables. Un exemple très parlant est celui des corona-pistes qui suite au premier déconfinement ont vu le jour et ont facilité les déplacements à vélo.

Le tramway longtemps oublié a tendance à retrouver sa place. En effet, il a été définitivement adopté dans près de 20 grandes villes françaises. Bien moins polluant que la voiture, car il fonctionne à l’électricité (donc pas d’émission de gaz à effet de serre) et également plus sûr, plus silencieux et plus facile d’accès notamment pour les handicapés. Le tramway a en plus, cette faculté de redynamiser les centres-villes.


Le co-voiturage est en augmentation chaque année. Le site Blablacar, qui revendique 95 % du marché, annonce 25 millions de passagers transportés chaque trimestre. Ce leader du covoiturage permettrait d’économiser 1,6 millions de tonnes de CO2 chaque année – soit l’équivalent des émissions générées par les transports à Paris en 1 an.

Cousin du co-voiturage, l’autopartage se pratique par divers moyens. Des entreprises privées comme Zipcar, StreetCar, GoGet, Mobizen, etc. ont contribué à le démocratiser en le rendant facile d’accès grâce à Internet. Également, les villes s’y sont mises en proposant des services d’autopartage : Lilas à Lille, Autopien Lorraine, Autocool à Bordeaux, Mobilib à Toulouse…

D’ailleurs, aujourd’hui certaines villes françaises ont fait des efforts colossaux au niveau des transports en commun. Angers, première ville dans ce classement est d’ailleurs labellisée « nature et capitale du végétal » depuis le 19e siècle. En plus de ces transports pratiques et écologiques avec par exemple plus de 70 km de piste cyclable, 14% de la ville possède des espaces verts.


Ville d'Angers.

4. Vers un transport de MaaS

Le MaaS (Mobility As A service) est en plein développement au sein des villes. Ce système de plateforme multimodale poussera naturellement le consommateur vers l’utilisation de transport en communs ou de mobilité douce. Le MaaS n’en est encore qu’à ses balbutiements, mais il peut constituer une formidable opportunité avec des impacts positifs réels au niveau environnemental, ou sociétal pour une meilleure accessibilité et inclusion.

En revanche, il ne faudrait pas que des géants comme les GAFAMs prennent le contrôle du MaaS des villes car les impacts environnementaux risquent d’être différents de ceux espérés. Le problème de l’exploitation des données des utilisateurs risque de se poser.

C’est pour cela que les collectivités et autres territoires publics doivent anticiper à ce sujet afin de ne pas laisser le champ libre à des acteurs privés qui ne partageraient pas les mêmes intérêts.

Un des effets premiers du MaaS est de rendre la voiture individuelle inutile par une offre de transport complète et abordable. Cela est la clef de l'avènement d'une mobilité durable.




Conclusion

La situation actuelle liée à la Covid-19 a amené l’opinion publique à se pencher sur la question de la pollution liée au déplacement et plus particulièrement dans les grandes villes. Cela a obligé les mairies ainsi que les responsables locaux à promouvoir des solutions de mobilités vertes. En effet, nous devons nous engager vers un monde plus collaboratif qui sera naturellement plus écologique. Il est temps de s'engager en faveur d'un monde plus durable afin de s’opposer à la voiture individuelle qui est plus polluante.